Corse du Sud
Tout a commencé par une lumière
Il y a un moment, en Corse, vers dix-neuf heures en juillet, où le soleil passe à l'horizontale et ne traverse plus rien. Les couleurs tombent. Il ne reste que la matière : le grain de la pierre sèche, la trame d'une chemise, le fil du bois.
Fico di Seta est née de ce moment-là. D'une envie de vêtements qui tiennent dans cette lumière — parce que dans cette lumière, rien ne triche.
Le figuier avant la marque
Le figuier ne pousse pas droit. Il s'étale, se tord, s'installe où la pierre veut bien le laisser passer. On ne le taille pas beaucoup. Il donne deux fois l'an et demande peu.
Sa figue ne prévient pas. Elle est verte, dure, puis un matin elle est mûre — et il faut la cueillir ce jour-là. Sous la peau mate, presque poussiéreuse, la chair est violette et sucrée. Rien à l'extérieur, tout à l'intérieur.
C'est de là que vient notre nom, et notre façon de faire. Une pièce réussie, chez nous, c'est une pièce dont on ne peut plus rien enlever.
Les matières décident
Nous partons du tissu, jamais du dessin. Le lin lavé pour sa main sèche et ses plis qu'on assume. Le cachemire en maille légère, portable en juillet comme en octobre. La soie, la laine mérinos, et le cuir tanné végétal — le seul qui prenne une patine au lieu de s'user.
Une matière juste impose sa coupe. Nos volumes sont amples mais tenus : l'aisance vient de l'aplomb du tissu, jamais du surplus de centimètres.
Ce qui doit se voir, c'est la coupe et la matière. Le reste est du bruit.
Fico di Seta
Pourquoi aucun logo
Vous ne trouverez notre nom nulle part à l'extérieur de nos pièces. Une gravure à l'intérieur d'un mocassin, une étiquette cousue dans une doublure : c'est tout.
Un vêtement qui annonce sa marque demande qu'on le regarde. Nous préférons qu'on vous regarde, vous. Et dans dix ans, quand la pièce aura vieilli, elle n'aura pas daté d'une saison précise.
Huit couleurs, huit noms
Aucune de ces teintes n'a été retenue par défaut. Chacune vient d'un endroit, d'une heure de la journée, d'une matière rencontrée sur place.
Violet Fico
Figue trop mûre, presque noire
Lavande Bruma
La brume du petit matin
Beige Murtoli
Le sable chaud du domaine
Blanc Osso
Ton d os blanchi au soleil
Terracotta Brûlée
Terre cuite, brûlée par juillet
Vert Olivier
Le revers mat de la feuille
Marron Patina
Cuir qui a vécu dix étés
Gris Pietra
Pierre sèche, froide à l aube
Ce à quoi nous tenons
Peu de pièces, longtemps. Nous produisons des séries courtes et nous les gardons plusieurs saisons plutôt que de tout renouveler tous les deux mois.
La matière avant le motif. Un beau tissu uni vaut mieux qu'un imprimé qui masque un tissu médiocre.
Aucun logo visible. Ni sur la poitrine, ni sur la boucle, ni sur la semelle.
Une couleur porte un nom. Parce qu'elle a été choisie, et qu'un nom oblige à assumer ce choix.
Des pièces qui se patinent. Le cuir végétal, l'osier et le lin s'améliorent en vieillissant. C'est la seule forme de luxe qui nous intéresse.
Treize pièces, cet été
La capsule tient sur une seule page. C'était l'intention.